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Aménagez des places de stationnement PMR conformes : panneaux, marquages au sol et équipements dédiés assurent visibilité et respect de la réglementation. Des solutions pour assurer accessibilité et sécurité.
L'accessibilité du stationnement pour les personnes à mobilité réduite et les personnes en situation de handicap constitue un enjeu majeur d'inclusion et d'autonomie. En France, la réglementation encadre précisément l'aménagement, la signalisation et l'utilisation des places de stationnement PMR. Ce guide complet vous présente la réglementation applicable, les dimensions réglementaires, la signalisation obligatoire, les droits des usagers et les sanctions en cas d'infraction.
En France, l'aménagement des places de stationnement pour les personnes à mobilité réduite repose sur un cadre légal précis. L'arrêté du 1er août 2006, révisé par l'arrêté du 8 décembre 2014, fixe les obligations en matière d'accessibilité pour tous les établissements recevant du public (ERP). Sur la voie publique, c'est le maire qui détient la compétence pour créer et réserver des places PMR, conformément à l'article L 2213-2 du code général des collectivités territoriales. Cette responsabilité s'exerce dans une logique d'aménagement urbain visant à faciliter l'accès aux commerces, administrations, écoles et autres lieux publics.
La réglementation impose un minimum de 2 % du nombre total de places de stationnement réservées aux personnes handicapées dans tout parking public ou privé ouvert au public. Ce pourcentage s'arrondit toujours à l'unité supérieure.
Concrètement, un parking de 40 places doit compter au moins 1 place PMR, tandis qu'un parking de 60 places en nécessite au minimum 2. Pour les parkings de plus grande capacité, la règle évolue : au-delà de 500 places, le nombre de places adaptées ne peut être inférieur à 10, le seuil exact étant fixé par arrêté municipal en fonction des besoins locaux.
Même les petits parkings d'ERP ne sont pas exemptés : dès la première place de stationnement ouverte au public, l'obligation d'aménager au moins une place PMR s'applique.
Il est essentiel de distinguer les parkings situés sur la voie publique de ceux installés dans des espaces privés mais accessibles au public. Les parkings des centres commerciaux, des copropriétés avec accès visiteurs, des entreprises recevant du public ou encore des hôtels entrent dans le champ d'application de la loi handicap. Dès lors qu'un parking privé est considéré comme ouvert au public, il doit respecter les mêmes exigences d'accessibilité qu'un parking municipal.
La loi n° 2015-988 du 5 août 2015, qui ratifie l'ordonnance relative à la mise en accessibilité des ERP, a renforcé ces obligations et imposé la mise en conformité progressive via les agendas d'accessibilité programmée (Ad'Ap). Les gestionnaires de parkings privés ouverts au public doivent donc prévoir des emplacements adaptés, correctement dimensionnés et signalés, sous peine de sanctions administratives.
Pour répondre aux besoins des personnes en situation de handicap, les places de stationnement PMR doivent être plus larges que les places standards. Cette différence permet la manœuvre des fauteuils roulants, le déploiement des rampes d'accès et le transfert en toute sécurité depuis le véhicule.
L'arrêté du 20 avril 2017 relatif à l'accessibilité de la voirie fixe les dimensions minimales obligatoires pour toute place PMR. La largeur minimale est de 3,30 mètres, comprenant 2,50 m de place de stationnement et 0,80 m de bande latérale de transfert. Cette bande d'accès permet aux personnes en fauteuil roulant de sortir du véhicule et de se déplacer sans obstacle.
La longueur minimale d'un emplacement PMR est de 5 mètres. En ce qui concerne la pente, la réglementation impose une pente maximale de 2 % dans le sens de la largeur et de 3 % dans le sens de la longueur. Le sol doit être non meuble, non glissant et sans obstacle afin de garantir une circulation sécurisée pour tous les usagers.
Voici un tableau récapitulatif des dimensions réglementaires :
| Critère | Valeur réglementaire |
|---|---|
| Largeur minimale | 3,30 m (dont 0,80 m de bande de transfert) |
| Longueur minimale | 5 m |
| Pente transversale maximale | 2 % |
| Pente longitudinale maximale | 3 % |
| Bande de transfert | 0,80 m minimum |
La localisation des places PMR est tout aussi importante que leurs dimensions. Elles doivent être situées au plus près de l'entrée de l'ERP ou du hall d'accueil, afin de minimiser la distance à parcourir pour les personnes à mobilité réduite. Cette proximité facilite l'accès aux services et limite les déplacements dans des zones potentiellement moins sécurisées.
Les places PMR doivent être raccordées sans ressaut au cheminement piétonnier. L'accès doit se faire de plain-pied ou par une rampe conforme aux normes d'accessibilité. La proximité des passages piétons est également un critère important pour permettre une circulation fluide et sécurisée depuis la place de stationnement jusqu'à l'entrée du bâtiment. Dans les parkings en ouvrage enterrés ou aériens, les places peuvent être concentrées sur les deux niveaux les plus proches de la surface pour faciliter l'accès.
Pour qu'une place PMR soit pleinement conforme et opposable, elle doit être identifiée par une double signalisation : horizontale et verticale. Cette exigence est inscrite dans le Code de la route et rappelée par l'arrêté du 8 décembre 2014 relatif à l'accessibilité. Sans cette double signalisation, le caractère réservé de la place peut être contesté et la verbalisation rendue impossible. Chaque élément joue un rôle complémentaire pour garantir la visibilité et le respect de l'emplacement.
Le marquage au sol constitue la signalisation horizontale de la place PMR. Il repose sur un pictogramme fauteuil roulant peint en blanc ou appliqué par thermocollage. La taille de ce pictogramme est réglementée : il peut être réalisé en grand format central de 1 m × 1,2 m, ou sous forme de plusieurs petits symboles périphériques de 50 cm × 60 cm (ou 25 cm × 30 cm) disposés sur les limites de l'emplacement.
Les lignes de délimitation de la place doivent être tracées en couleur blanche, parfois en bleu pour renforcer l'identification visuelle. La peinture routière utilisée doit être permanente, résistante aux intempéries et aux frictions liées au passage des véhicules. Un marquage clair et lisible facilite le repérage rapide de la place par les usagers et garantit le respect de la réglementation. L'utilisation de pochoirs en PVC ou de résine thermoplastique permet d'obtenir un rendu net et durable.
La signalisation verticale complète le marquage au sol et rend l'interdiction de stationner légalement opposable. Elle se compose du panneau B6d (arrêt et stationnement interdits) associé au panonceau M6h portant la mention « Sauf personnes handicapées titulaires de la carte de stationnement ». Cette combinaison est obligatoire sur la voie publique depuis 2018.
Les panneaux doivent être certifiés NF et CE, garantissant leur conformité aux normes françaises et européennes. Ils sont fabriqués en aluminium galvanisé avec un revêtement rétroréfléchissant de classe 1 ou 2 selon le lieu d'installation. Le panneau B6d a un diamètre de 450 mm, tandis que le panonceau M6h mesure 500 × 150 mm. L'installation doit respecter une hauteur réglementaire pour assurer une visibilité optimale depuis un véhicule.
Sans cette signalisation verticale, le marquage au sol seul ne suffit pas à caractériser une infraction en cas de stationnement non autorisé. La présence du panneau B6d et du panonceau M6h est donc indispensable pour rendre la place PMR pleinement opposable et permettre la verbalisation des contrevenants.
Seules les personnes titulaires d'une carte officielle de stationnement peuvent utiliser une place réservée PMR. Cette autorisation est strictement personnelle et le véhicule doit obligatoirement transporter le titulaire de la carte, qu'il soit conducteur ou passager. Sans cette carte, le stationnement sur une place handicapée constitue une infraction passible de sanctions.
La carte mobilité inclusion mention stationnement (CMI-S) a remplacé depuis le 1er janvier 2017 l'ancienne carte européenne de stationnement pour personnes handicapées. Fabriquée exclusivement par l'Imprimerie nationale, cette carte sécurisée comporte un flashcode (2DOC) permettant aux forces de l'ordre de vérifier instantanément son authenticité et sa validité, 24 heures sur 24.
Les anciennes cartes GIC-GIG (Grand Invalide Civil et Grand Invalide de Guerre) restent valables jusqu'à leur date d'expiration et, au plus tard, jusqu'au 31 décembre 2026. À partir de cette échéance, leurs titulaires devront avoir effectué une demande de CMI-S pour continuer à bénéficier du droit de stationnement réservé.
La CMI-S est valable dans l'ensemble de l'Union européenne, facilitant ainsi les déplacements transfrontaliers des personnes en situation de handicap. Elle doit être fixée de manière visible contre le pare-brise du véhicule lorsque cela est possible.
La CMI-S est attribuée aux personnes dont le handicap réduit de manière importante et durable leur capacité de déplacement à pied, ou qui impose qu'elles soient accompagnées par une tierce personne dans leurs déplacements. Les personnes pour lesquelles la station debout est pénible peuvent également en bénéficier, même si leur taux d'incapacité est inférieur à 80 %.
La demande s'effectue auprès de la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH) de votre département. Une équipe pluridisciplinaire évalue votre situation sur la base d'un certificat médical récent décrivant l'ensemble de vos limitations fonctionnelles.
La durée d'attribution de la carte varie selon la nature du handicap : elle peut être accordée pour une période déterminée de 1 à 20 ans, ou à titre définitif lorsque le handicap n'est pas susceptible d'évolution favorable. La réduction de la capacité de déplacement doit être définitive ou d'une durée prévisible d'au moins un an pour justifier l'attribution de la carte.
La loi du 18 mars 2015 a instauré la gratuité du stationnement sur voirie pour les titulaires de la carte mobilité inclusion mention stationnement (CMI-S). Ce droit s'applique sur l'ensemble du territoire français et concerne toutes les places de stationnement public situées sur la voie publique.
Les titulaires de la CMI-S ou de la carte européenne de stationnement bénéficient de la gratuité sur toutes les places de voirie, qu'elles soient réservées aux personnes handicapées ou non. Pour profiter de ce droit, la carte doit être apposée de manière visible derrière le pare-brise du véhicule, ou le véhicule doit être référencé dans certaines communes.
Les communes ne peuvent pas exiger le paiement d'une redevance d'occupation pour le stationnement sur voirie des titulaires de la CMI-S. Si vous recevez un forfait de post-stationnement (FPS) alors que vous êtes titulaire d'une carte valide, vous avez le droit de contester. Vous disposez d'un délai d'un mois à partir de la notification du FPS pour déposer un recours administratif préalable obligatoire (RAPO) auprès de la collectivité émettrice.
Dans le cadre de votre RAPO, vous devez fournir tous les justificatifs prouvant que vous détenez une CMI-S valide à la date de l'infraction. Si ces éléments sont fournis, la collectivité territoriale doit annuler le FPS et les recours seront arrêtés.
En principe, les titulaires de la CMI-S peuvent stationner sans limitation de durée sur les places de voirie. Toutefois, les autorités compétentes en matière de circulation et de stationnement peuvent fixer une durée maximale de stationnement par arrêté municipal, à condition que celle-ci ne soit pas inférieure à douze heures consécutives.
Au-delà de cette limitation de durée éventuelle, toutes les places de stationnement restent soumises à la réglementation relative au stationnement abusif. Conformément à l'article R417-2 du Code de la route, il est interdit de stationner plus de sept jours consécutifs au même emplacement, y compris sur une place PMR. Un véhicule qui dépasse cette durée maximale s'expose à une verbalisation et à une mise en fourrière aux frais du contrevenant.
Le stationnement non autorisé sur une place PMR est considéré comme un stationnement très gênant selon l'article R417-11 du Code de la route. Cette infraction est sanctionnée par une amende de 4e classe, bien plus sévère qu'un simple stationnement gênant. La réglementation vise à protéger l'accès des personnes en situation de handicap aux emplacements qui leur sont réservés et à garantir leur autonomie de déplacement.
L'amende forfaitaire s'élève à 135 €. Elle peut être minorée à 90 € si le paiement intervient dans les 15 jours suivant la constatation de l'infraction, ou majorée à 375 € en cas de non-règlement dans le délai imparti. Le conducteur reçoit un FPS (forfait de post-stationnement) ou un procès-verbal selon la situation.
Au-delà de l'amende, les agents de surveillance de la voie publique ou la police municipale peuvent ordonner l'immobilisation immédiate du véhicule. Cette mesure s'applique particulièrement lorsque le conducteur est absent ou refuse de déplacer son véhicule malgré l'injonction des autorités. Aucun retrait de points n'est appliqué sur le permis de conduire pour cette infraction, mais les conséquences financières peuvent être importantes.
Le véhicule peut être mis en fourrière aux frais du contrevenant si le stationnement très gênant persiste. Les frais d'enlèvement varient généralement entre 120 € et 250 € selon les communes, auxquels s'ajoutent les frais de garde journaliers (environ 10 € à 15 € par jour). Le coût total peut donc rapidement atteindre 500 € ou plus, en complément de l'amende initiale.
Il est important de distinguer le stationnement gênant simple, sanctionné par une amende de 35 €, du stationnement très gênant sur place PMR qui relève d'une contravention de 4e classe. En cas de récidive ou d'usage frauduleux d'une carte (fausse carte, carte d'un tiers décédé), des sanctions pénales s'appliquent : amende jusqu'à 5 000 €, voire peine de prison dans les cas les plus graves.
| Type d'infraction | Montant de l'amende | Sanctions complémentaires |
|---|---|---|
| Stationnement gênant simple | 35 € | Aucune mise en fourrière systématique |
| Stationnement très gênant sur place PMR | 135 € (minorée : 90 € / majorée : 375 €) | Immobilisation et mise en fourrière possible, frais de fourrière 120-250 € + garde journalière 10-15 € |
| Stationnement abusif avec usage frauduleux de carte | Jusqu'à 5 000 € | Sanctions pénales, peine de prison possible |
Pour bénéficier de la gratuité du stationnement, vous devez apposer votre carte mobilité inclusion mention stationnement (CMI-S) originale de manière visible derrière le pare-brise de votre véhicule. La carte européenne de stationnement reste également valable jusqu'à sa date d'expiration. Veillez à ce que le code-barres et les informations soient parfaitement lisibles depuis l'extérieur pour faciliter le contrôle par les agents de surveillance. Il est strictement interdit d'utiliser une photocopie ou une copie numérique. En cas de non-apposition ou d'utilisation d'un document non conforme, vous risquez de recevoir un forfait de post-stationnement, même si vous êtes titulaire d'une carte valide.
Dans certaines villes, notamment à Paris, vous devez prendre un ticket handi gratuit à l'horodateur pour activer votre droit à la gratuité et permettre aux agents de contrôle de vérifier votre statut. Ce ticket virtuel, valable 24 heures, s'obtient en sélectionnant le tarif spécifique PMR (souvent nommé tarif n°6 ou code 75100 sur les applications mobiles). Il suffit de renseigner votre numéro d'immatriculation pour que votre véhicule soit considéré en règle lors des contrôles automatisés. Certaines communes ont mis en place des systèmes dématérialisés qui enregistrent directement votre droit à la gratuité. Renseignez-vous auprès de votre mairie pour connaître la procédure applicable dans votre ville.
Handi'Stat est un système parisien permettant de référencer votre véhicule en ligne ou par courrier auprès de la Ville de Paris. Une fois votre véhicule référencé, vous n'avez plus besoin d'apposer votre carte derrière le pare-brise ni de prendre un ticket handi à chaque stationnement. L'inscription se fait sur le site officiel handicap.paris.fr en créant un compte, en déclarant votre numéro d'immatriculation et en joignant une copie de votre CMI-S ou carte européenne de stationnement. Le référencement est valable trois ans et associe votre immatriculation au droit à la gratuité, ce qui facilite grandement les contrôles. Ce dispositif offre également la possibilité de circuler sur la voie réservée du Boulevard Périphérique.